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Guide pour restaurateurs et hôteliers

Licence SACEM pour la restauration et l'hôtellerie : le guide complet 2026

Tarifs, procédure d'inscription, contrôles, réductions et idées reçues — tout ce que les exploitants de restaurants, hôtels, cafés et commerces doivent savoir sur la SACEM et la SPRE en France.

Mis à jour : février 2026 Temps de lecture : ~25 min Sources : CPI, SACEM, SPRE, Service-Public.fr, jurisprudence 2025-2026

MERIDIAN INSIGHT

La musique joue dans la plupart des établissements.

Rares sont ceux qui comprennent clairement ce que cela implique juridiquement.

Deux réactions dominent : ignorer le sujet en espérant passer entre les mailles, ou paniquer après un courrier de la SACEM. Ce guide propose une troisième voie : comprendre le système calmement et agir en connaissance de cause.

1. Qu'est-ce que la SACEM et pourquoi existe-t-elle

SACEM signifie Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique. Fondée en 1851, c'est une société civile à but non lucratif gérée par ses propres membres. Sa mission : collecter et répartir les droits d'auteur pour le compte des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique.

Lorsqu'un compositeur crée une œuvre musicale, des droits d'auteur naissent automatiquement sur cette œuvre. Ces droits signifient que toute utilisation publique — diffusion dans un restaurant, un hall d'hôtel ou une boutique — nécessite une autorisation et une rémunération.

En 2026, le répertoire de la SACEM couvre la quasi-totalité de la production musicale mondiale grâce à des accords de réciprocité conclus avec des organisations homologues dans plus de 200 territoires. La SACEM représente plus de 190 000 membres en France et gère un répertoire de dizaines de millions d'œuvres.

La France n'est pas un cas isolé. Chaque pays européen dispose d'une organisation équivalente : GEMA en Allemagne, SIAE en Italie, Buma/Stemra aux Pays-Bas, ZAMP en Croatie, PRS au Royaume-Uni. Le principe est universel — utiliser le travail créatif d'autrui dans un contexte commercial a un prix.

Les droits gérés par la SACEM

  • Droit de représentation publique — l'autorisation de diffuser une œuvre dans un cadre dépassant le cercle privé et familial.
  • Droit de reproduction mécanique — géré par la SDRM (intégrée à la SACEM), il concerne la fixation d'une œuvre sur un support (playlist sur disque dur, stockage de fichiers numériques).

La musique est une infrastructure d'exploitation. Au même titre que l'électricité, le loyer ou une licence logicielle — son utilisation a un coût. C'est le point de départ.

2. Le système de gestion collective : SACEM, SPRE et le Code de la propriété intellectuelle

Le cadre juridique français distingue deux catégories fondamentales de droits musicaux, chacune gérée par un organisme distinct. Cette dualité impose aux exploitants une vigilance constante pour ne pas omettre une partie de leurs obligations.

Organisme Droits gérés Ayants droit
SACEM Droits d'auteur Auteurs, compositeurs, éditeurs
SPRE Rémunération équitable (droits voisins) Artistes-interprètes, producteurs de phonogrammes
Adami / SPEDIDAM Droits des interprètes Chanteurs, musiciens (redistribution via SPRE)
SCPP / SPPF Droits des producteurs Maisons de disques (redistribution via SPRE)

La SPRE : la licence souvent oubliée

La SPRE est l'organisme chargé de collecter la rémunération due aux artistes-interprètes et aux producteurs de phonogrammes. Contrairement au droit d'auteur, la diffusion de disques du commerce dans un lieu public relève d'une licence légale obligatoire : l'exploitant ne peut se voir interdire la diffusion, mais il doit s'acquitter d'une rémunération dite « équitable ».

La bonne nouvelle : la SACEM est mandatée par la SPRE pour collecter les deux redevances. En pratique, une seule déclaration à la SACEM suffit et les deux montants sont facturés ensemble. Vous n'avez pas besoin de contacter la SPRE séparément.

Le fondement juridique

L'article L122-4 du Code de la propriété intellectuelle exige l'autorisation préalable de l'auteur pour toute représentation publique d'une œuvre. L'article L335-2 prévoit des sanctions pénales pouvant atteindre 300 000 € d'amende et 3 ans d'emprisonnement en cas de contrefaçon. La SACEM ne crée pas la loi — elle met en œuvre ce que le Code de la propriété intellectuelle prescrit.

Comparaison avec les systèmes voisins

En Allemagne, la GEMA et la GVL restent deux contrats séparés. En Pays-Bas, Buma/Stemra et Sena sont regroupés via MijnLicentie.nl. Le système français se situe entre les deux — deux redevances distinctes, mais un seul interlocuteur (la SACEM).

3. La présomption de représentation : un concept que tout exploitant doit connaître

Un principe fondamental du droit d'auteur français — souvent ignoré par les exploitants — change radicalement la dynamique des contrôles.

La charge de la preuve repose sur l'exploitant, pas sur la SACEM.

La SACEM n'est pas tenue de prouver titre par titre qu'elle détient les droits de chaque chanson diffusée. Dès qu'une musique est diffusée dans un lieu public, elle est présumée appartenir au répertoire de la SACEM. C'est à vous d'apporter la preuve irréfutable que vous n'utilisez que de la musique hors gestion collective.

Ce principe est renforcé par une évolution jurisprudentielle majeure de 2025 : la Cour de cassation a instauré le principe de la « prescription distributive ». Chaque jour de diffusion sans licence constitue un acte de contrefaçon distinct. Le délai de prescription de 5 ans glisse ainsi chaque jour. Un exploitant n'ayant jamais payé peut se voir réclamer les arriérés des 5 dernières années à tout moment.

En pratique : tant que vous diffusez des radios, chaînes de télévision ou playlists commerciales, il est statistiquement impossible d'échapper au répertoire de la SACEM. Les seuls exploitants qui peuvent invoquer cette exception sont ceux qui utilisent exclusivement des catalogues d'artistes indépendants non inscrits à la SACEM — et même dans ce cas, la SPRE reste due.

4. Qui doit obtenir une licence

En France, la notion de « lieu public » est interprétée de manière extensive. Dès qu'un établissement est accessible à des tiers et que la musique y est diffusée par quelque moyen que ce soit (radio, TV, streaming, support physique), l'obligation de licence est déclenchée.

Type d'établissement Zones assujetties Base de calcul
Restaurant / Café Salle, terrasse, sanitaires si audible Nombre de places assises + commune
Hôtel Chambres, lobby, ascenseurs, couloirs, petit-déjeuner Nombre de chambres + classement étoiles
Bar / Discothèque Salle, piste de danse, DJ Capacité ou chiffre d'affaires (BAM/RAM)
Commerce de détail Surface de vente, accueil Nombre d'employés (< 500 m²) ou surface
Spa / Bien-être Cabines de soin, espaces de repos, accueil Forfait spécifique centres de soins
Salle de sport / Fitness Salle de machines, cours collectifs, vestiaires Surface ou forfait (cours sonorisés = supplément)
Espace de coworking Espaces partagés, salles de réunion Forfait locaux professionnels

Attention aux terrasses : Les places en terrasse font partie intégrante de la contenance de l'établissement. Si la musique y est audible — que ce soit par des enceintes extérieures ou simplement parce que le son porte depuis l'intérieur — ces places doivent être incluses dans la déclaration. Les food trucks sont également concernés dès qu'ils diffusent de la musique pour leur clientèle.

La distinction fondamentale : la SACEM différencie la musique de fond (sonorisation d'ambiance) de la musique attractive (concerts, DJs, karaoké). Pour les bars et restaurants à ambiance musicale (BAM/RAM), la tarification peut basculer d'un forfait fixe vers un calcul proportionnel basé sur le chiffre d'affaires.

Pas d'exemption de surface : contrairement à d'autres pays européens, il n'existe en France aucun seuil de surface minimale pour l'assujettissement. Un commerce de 10 m² est redevable au même titre qu'un hypermarché — seul le montant du forfait varie.

5. Tarifs 2026 : restaurants et cafés

Le barème de la restauration traditionnelle repose sur deux critères principaux : le nombre de places assises et le nombre d'habitants de la commune. Paris fait l'objet d'un forfait spécifique plus élevé. Tous les montants sont hors taxes (HT) et avant application des réductions.

Part SACEM — Droits d'auteur (Tarif Général)

Capacité < 2 000 hab. 2 001 – 15 000 15 001 – 50 000 > 50 000 Paris
Petit café (1 radio) 116,61 € 116,61 € 142,56 € 181,41 € 272,13 €
≤ 30 places 561,12 € 701,40 € 946,87 € 1 373,01 € 2 092,92 €
31 – 60 places 645,27 € 806,61 € 1 088,93 € 1 578,93 € 2 406,87 €
61 – 100 places 742,08 € 927,59 € 1 252,24 € 1 736,83 € 2 647,56 €
> 100 places 853,37 € 1 066,74 € 1 377,49 € 1 910,51 € 2 912,29 €

Source : barème SACEM 2026, cafés et restaurants du secteur traditionnel. Montants annuels HT.

Part SPRE — Rémunération équitable (2026)

Capacité ≤ 2 000 hab. 2 001 – 15 000 15 001 – 50 000 > 50 000 Paris
Petit café 119,88 € 119,88 € 146,56 € 186,50 € 279,77 €
≤ 30 places 154,53 € 191,84 € 259,77 € 377,02 € 574,20 €
31 – 60 places 223,81 € 279,77 € 378,35 € 547,57 € 835,30 €
61 – 100 places 257,12 € 322,39 € 434,31 € 603,52 € 919,24 €
≥ 101 places 295,75 € 370,36 € 478,28 € 663,44 € 1 011,16 €

Source : SPRE 2026, cafés et restaurants. Minimum annuel : 119,88 € HT.

Exemple concret : restaurant de 50 places en ville moyenne

Restaurant de 50 places — commune de 20 000 habitants

  • SACEM (tarif réduit, 20 % de remise) : ~870 € HT
  • SPRE (65 % du montant SACEM) : ~435 € HT
  • Total annuel : ~1 305 € HT — soit ~109 € par mois

Estimation indicative. Le montant exact dépend du tarif applicable et des réductions.

6. Tarifs 2026 : hôtels et hébergement

Pour les hôtels, le calcul est cumulatif entre la diffusion dans les chambres et dans les parties communes. Le tarif est dégressif par tranches et ajusté selon le classement en étoiles.

Forfait SACEM par chambre (annuel HT — Tarif Général)

Tranche Chambres Parties communes
1 – 19 chambres 15,65 € / ch 8,63 € / ch
20 – 49 chambres 14,76 € / ch 6,06 € / ch
50 – 99 chambres 13,78 € / ch 2,41 € / ch
100 – 149 chambres 12,87 € / ch 0,98 € / ch
150 chambres et + 12,16 € / ch 0,40 € / ch

Source : SACEM 2026, hébergement touristique et commercial. TG = Tarif Général, hors ajustement étoiles.

Ajustement selon le classement

Classement Ajustement
Hôtel 1 ☆ −25 %
Hôtel 2 ☆ −15 %
Hôtel 3 ☆ / non classé Tarif de base
Hôtel 4 ☆ +25 %
Hôtel 5 ☆ +50 %

Petites structures (≤ 10 chambres)

Les petits hébergements de 10 chambres ou moins bénéficient d'un forfait annuel fixe : environ 137,42 € HT (tarif général) ou 109,94 € HT (tarif réduit avec 20 % de remise). Ce forfait couvre la diffusion dans les chambres et les parties communes.

Part SPRE pour l'hôtellerie

La rémunération équitable pour les hôtels est fixée à 65 % du montant des droits d'auteur SACEM, avec un minimum annuel de 119,88 € HT par établissement.

Exemple concret : hôtel 3 ☆ de 40 chambres

  • Chambres (19 × 15,65 € + 21 × 14,76 €) : 607,31 €
  • Parties communes (19 × 8,63 € + 21 × 6,06 €) : 291,23 €
  • Sous-total SACEM TG : 898,54 € — avec 20 % de remise : 718,83 € HT
  • SPRE (65 %) : 467,24 € HT
  • Total annuel : ~1 186 € HT — soit ~99 € par mois

Estimation pour un hôtel 3☆ standard. Le restaurant d'hôtel est facturé séparément selon le barème restauration.

Attention : Le forfait par chambre ne couvre que la diffusion dans les chambres et les parties communes (lobby, couloirs, ascenseurs). Si votre hôtel dispose d'un restaurant, d'un bar ou d'un spa, ces espaces sont facturés séparément selon les barèmes correspondants.

7. Tarifs 2026 : commerces de détail et entreprises

Pour les commerces de moins de 500 m², les droits sont calculés sur le nombre d'employés en contact direct avec la clientèle (vendeurs, caissiers, direction).

Employés contact client SACEM (TG) SACEM (TR) SPRE
1 – 2 employés 204,66 € 163,73 € 110,60 €
3 – 4 employés 388,72 € 310,98 € 196,61 €
5 – 6 employés 583,38 € 466,70 € 196,61 €
7 – 8 employés 775,81 € 620,65 € 233,49 €
9 – 10 employés 968,55 € 774,84 € 233,49 €

Source : SACEM/SPRE 2026. TG = Tarif Général, TR = Tarif Réduit (20 % de remise). Montants annuels HT.

Pour les grandes surfaces de plus de 500 m², le calcul SPRE intègre un montant fixe par magasin (~65 €) et une part variable par m² de surface commerciale sonorisée (~0,059 €/m²).

Les salles de sport et fitness font l'objet d'une tarification spécifique. Une distinction est opérée entre la sonorisation des parties communes (vestiaires, accueil) et les cours collectifs sonorisés (Zumba, Step), où la musique est indispensable à la pratique et justifie une redevance plus élevée.

8. La réduction de 20 % et les autres abattements

Le système français offre plusieurs mécanismes de réduction pour les exploitants qui se conforment proactivement.

−20 % : Déclaration préalable

En contactant la SACEM et en signant le contrat avant la mise en place du matériel de sonorisation, vous bénéficiez automatiquement du tarif réduit — soit 20 % de moins que le tarif général. Cette réduction est reconduite chaque année tant que le contrat est actif.

−50 % : Source unique (radio seule)

Si la musique provient d'un seul appareil autonome (une seule radio ou TV sans enceintes additionnelles), et aucune autre source (pas de lecteur CD, pas d'ordinateur), un abattement de 50 % s'applique. C'est le cas des « petits cafés » reflété dans les forfaits minimaux.

−15 % à −25 % : Petits établissements en zone rurale

Les bars et restaurants réalisant moins de 80 000 € HT de chiffre d'affaires annuel bénéficient de 15 % d'abattement. Ceux en commune de ≤ 2 000 habitants avec un CA < 100 000 € HT peuvent obtenir jusqu'à 25 % de réduction.

−28 % : Protocoles syndicaux (UMIH, GHR)

Les adhérents de l'UMIH (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie) ou du GHR (Groupement National des Hôtelleries et Restaurations) peuvent bénéficier de réductions supplémentaires via des accords-cadres négociés avec la SACEM. L'adhésion doit être vérifiée annuellement.

Plancher : Quelle que soit l'accumulation de réductions, le montant ne peut jamais descendre en dessous du minimum annuel — 119,88 € HT pour la part SPRE.

9. Établissements saisonniers et événements ponctuels

Prorata saisonnier

La SACEM prévoit un barème dégressif pour les établissements qui n'ouvrent qu'une partie de l'année :

Durée d'ouverture % du tarif annuel
1 – 3 mois 36 %
4 mois 48 %
5 mois 60 %
6 mois 72 %
7 mois 84 %
8 mois 96 %
9 mois et + 100 %

Formule : 36 % pour les 3 premiers mois, +12 % par mois supplémentaire. Plafonné à 100 %.

Événements ponctuels

L'autorisation annuelle de sonorisation d'ambiance ne couvre pas les événements exceptionnels (soirées à thème, réveillons, animations avec budget artistique élevé). Ceux-ci doivent faire l'objet d'une déclaration spécifique au moins 15 jours à l'avance pour bénéficier du tarif réduit.

Le tarif est calculé en pourcentage de la recette brute : typiquement 8 à 11 % des recettes HT pour les droits d'auteur, plus environ 2 % pour la SPRE. Pour les événements gratuits, un forfait basé sur la capacité d'accueil ou le cachet des artistes s'applique. Les animations dans les CHR avec un budget artistique ne dépassant pas 650 € HT bénéficient d'un tarif forfaitaire modéré.

10. Procédure d'inscription — étape par étape

1

Déclaration préalable

Rendez-vous sur clients.sacem.fr ou contactez votre délégation régionale SACEM avant la mise en place du matériel de sonorisation. Cette anticipation permet de bénéficier de la réduction de 20 %. Un parcours guidé en ligne calcule automatiquement le tarif applicable.

2

Fournir les données techniques

L'établissement doit communiquer : numéro SIRET, coordonnées bancaires, type d'activité, et les caractéristiques pour le calcul du tarif (nombre de places, de chambres, de salariés, surface sonorisée selon le cas).

3

Signature du contrat

La SACEM établit un Contrat Général de Représentation d'une durée d'1 an, renouvelable par tacite reconduction. Ce contrat autorise l'utilisation de l'ensemble du répertoire. La SACEM adresse les factures pour les droits d'auteur et la rémunération équitable SPRE simultanément.

4

Paiement et échelonnement

La SACEM facture annuellement. En cas de prélèvement automatique, un échelonnement mensuel, trimestriel ou semestriel peut être mis en place. Le délai de règlement est généralement de 25 jours. La TVA au taux normal de 20 % s'ajoute aux montants HT.

5

Déclarer les changements

Tout changement pertinent doit être communiqué : augmentation du nombre de places, ajout d'une terrasse sonorisée, changement d'activité, événements musicaux exceptionnels. Le contrat se renouvelle automatiquement chaque année, sauf résiliation par lettre avant la fin de l'année.

Portail SACEM Pro

Sur clients.sacem.fr, un parcours guidé vous pose les bonnes questions et calcule le tarif avant validation. Vous pouvez simuler votre facture sans engagement, puis payer en ligne, télécharger vos factures et déclarer vos événements. La SACEM met également à disposition un annuaire de ses délégations régionales avec téléphone et email pour un contact humain.

LA DURE VÉRITÉ

L'atmosphère échoue rarement bruyamment.

Elle échoue en dérivant.

Personne ne décide de créer de l'incohérence.

Cela arrive quand la musique est laissée à l'habitude, à la commodité, ou à quiconque est présent.

Le résultat n'est pas le chaos — c'est une érosion subtile.

  • Un hall qui se sent différent selon l'équipe.
  • Un bar qui ne trouve jamais tout à fait son rythme du soir — séjours plus courts, RevPAR plus bas.

Une baisse de 1% de la satisfaction des clients due à une "incohérence d'ambiance" peut représenter des milliers d'euros de RevPAR perdu annuellement.

Quand l'atmosphère n'a pas de propriétaire,

le temps devient le facteur décisif.

Et le temps n'est pas neutre.

11. Contrôles et sanctions

La SACEM dispose de moyens légaux conséquents pour assurer la perception des droits. Ignorer ses obligations n'est pas une stratégie viable.

Les agents assermentés

La SACEM emploie des agents assermentés habilités à effectuer des visites de contrôle au sein des établissements recevant du public. Ils peuvent se rendre sur place de manière discrète (en tant que clients) ou s'identifier auprès du gérant. Leur rapport de constatation fait foi devant les tribunaux. La SACEM surveille également les réseaux sociaux et les sites web pour identifier les événements musicaux non déclarés.

Échelle des sanctions

1.

Perte de la réduction de 20 % — Facturation au tarif général pour toute la période d'infraction constatée.

2.

Arriérés de 5 ans — Grâce à la prescription distributive, la SACEM peut réclamer les redevances des 5 dernières années.

3.

Dommages et intérêts — Indemnités compensatrices au titre du préjudice subi par les ayants droit. Les tribunaux allouent souvent l'équivalent du double des redevances éludées.

4.

Sanctions pénales — Le défaut d'autorisation est qualifié de contrefaçon (art. L335-2 CPI). Amendes pouvant atteindre 300 000 € et peines d'emprisonnement jusqu'à 3 ans pour les cas les plus graves.

Cas réel :

En 2021, la discothèque « La Suite » à Toulouse a été condamnée à 10 000 € d'amende pour avoir diffusé de la musique sans licence SACEM.

Source : France Bleu, action SACEM confirmée par le tribunal.

12. La question du streaming

En 2026, la transition numérique des établissements a clarifié certaines zones d'ombre concernant les plateformes de streaming.

Comptes personnels = interdits en commerce

L'utilisation d'un compte personnel Spotify, Apple Music, Deezer ou YouTube dans un cadre commercial est strictement interdite. Ces services sont contractuellement limités à un usage privé et familial. Leur utilisation en public viole à la fois le droit d'auteur et le contrat d'abonnement. L'exploitant risque la suspension de son compte et des poursuites pour contrefaçon.

Services B2B homologués

Pour diffuser légalement via le streaming, les établissements doivent :

  1. Souscrire à un service spécialisé B2B (Soundtrack Your Brand, Jamendo Licensing, Mood Media, Tshoko) qui détient les droits de reproduction pour usage commercial.
  2. Payer la redevance SACEM/SPRE pour le droit de communication au public. Il n'existe aucune plateforme qui « inclut » la SACEM dans son abonnement en France — le contrat reste une démarche indépendante.

Un service de streaming B2B couvre la reproduction. La SACEM/SPRE couvre la communication au public. Ce sont deux obligations distinctes et complémentaires.

13. Mythes et réalités

Idée reçue Réalité juridique
« Je paye déjà ma box internet et mon abonnement TV, c'est suffisant. » Faux. Les abonnements grand public ne couvrent pas les droits d'auteur pour une diffusion commerciale. Ce sont deux obligations distinctes.
« La radio paye déjà, donc c'est gratuit pour moi. » Faux. Les radios payent pour diffuser sur les ondes. Vous payez pour transmettre ce signal à votre propre public. Ce sont deux actes de communication au public distincts.
« Les chambres d'hôtel sont des espaces privés. » Faux. Jurisprudence CJUE (SGAE c. Rafael Hoteles) et Cour de cassation : la mise à disposition de radio/TV dans une chambre constitue une communication au public.
« Je ne diffuse que de la musique libre de droits. » Partiellement vrai. Vous pouvez éviter la SACEM, mais la rémunération équitable SPRE reste due si l'enregistrement lui-même n'est pas libre de droits voisins.
« Mon établissement est trop petit, il y a une exemption de surface. » Faux. Contrairement à d'autres pays européens, il n'existe aucun seuil de surface minimale en France.
« C'est gratuit pour mes clients, donc pas de droits. » Faux. Le caractère gratuit ne dispense pas. Vous utilisez la musique pour améliorer votre ambiance commerciale — la redevance est due.

14. Musique d'attente téléphonique

Une obligation souvent oubliée : la musique d'attente téléphonique est également un acte de communication au public. Les tarifs sont calculés sur le nombre de lignes entrantes ou sur l'effectif total de l'entreprise.

En 2026, le forfait annuel pour une PME de 1 à 19 salariés s'élève à environ 72 € HT pour la part SACEM, auquel s'ajoute la part SCPA pour les droits voisins. Les forfaits augmentent avec le nombre de salariés.

Si votre établissement dispose d'une centrale téléphonique avec musique d'attente, vérifiez que cette utilisation est couverte par votre contrat SACEM ou déclarée séparément. Certains systèmes téléphoniques incluent des mélodies libres de droits, mais vérifiez qu'elles ne font pas partie du répertoire SACEM.

15. Questions fréquentes (FAQ)

Ai-je besoin d'une licence SACEM si je diffuse uniquement la radio ? +
Oui. Les stations de radio paient pour diffuser la musique sur les ondes, mais vous, en tant qu'exploitant, payez pour transmettre ce signal à votre propre public. Ce sont deux actes de communication au public distincts. La simple diffusion de la radio dans un lieu ouvert au public déclenche l'obligation de licence SACEM et de rémunération équitable SPRE.
Mon abonnement Spotify suffit-il pour mon restaurant ? +
Non. Les abonnements Spotify, Apple Music, Deezer et YouTube sont contractuellement limités à un usage privé et familial. Leur utilisation dans un cadre commercial viole les conditions d'utilisation du service et le droit d'auteur. Même avec un service B2B, la licence SACEM/SPRE reste indépendante.
Combien coûte la SACEM pour un petit café ? +
Un petit café diffusant la musique via un seul poste radio paie entre 116,61 € et 272,13 € HT par an en droits d'auteur, plus 119,88 € à 279,77 € de SPRE. Avec la réduction de 20 %, le total peut descendre à environ 190 € HT/an pour un petit café en zone rurale.
Qu'est-ce que la présomption de représentation ? +
La SACEM n'a pas à prouver titre par titre qu'elle détient les droits de chaque chanson diffusée. Dès qu'une musique est diffusée en public, elle est présumée appartenir au répertoire SACEM. C'est à l'exploitant de prouver le contraire — ce qui est pratiquement impossible avec des radios, chaînes TV ou playlists commerciales.
Existe-t-il une exemption pour les petites surfaces ? +
Non. Contrairement à certains pays européens, il n'existe en France aucun seuil de surface minimale. Un commerce de 10 m² est redevable au même titre qu'un hypermarché. Seul le montant varie.
Mon établissement est saisonnier — dois-je payer l'année entière ? +
Non. La SACEM applique un prorata : 36 % pour 1 à 3 mois d'ouverture, puis +12 % par mois supplémentaire. Un restaurant d'été ouvert 3 mois ne paie que 36 % du forfait annuel. Le prorata s'applique aux deux redevances (SACEM + SPRE).
Puis-je utiliser de la musique libre de droits pour éviter la SACEM ? +
Partiellement. Vous pouvez éviter la redevance SACEM en diffusant exclusivement des œuvres non inscrites au répertoire SACEM, avec un certificat d'exonération. Mais la rémunération équitable SPRE reste due pour toute musique enregistrée diffusée en public, même libre de droits d'auteur. Et vous ne pourrez plus diffuser aucune radio FM, car elles contiennent forcément du répertoire protégé.
Les chambres d'hôtel sont-elles des espaces publics ? +
Oui, au sens du droit d'auteur. La jurisprudence CJUE (SGAE c. Rafael Hoteles, 2006) et la Cour de cassation confirment que la mise à disposition de radio ou TV dans une chambre est un acte de communication au public. L'hôtelier transmet le signal à une clientèle successive pour un bénéfice commercial indirect.
La musique d'attente téléphonique est-elle aussi concernée ? +
Oui. L'attente téléphonique est un acte de communication au public. Le forfait annuel pour une PME de 1 à 19 salariés s'élève à environ 72 € HT pour la SACEM, plus la part droits voisins. Cette obligation est souvent oubliée.
Un mariage nécessite-t-il une licence SACEM ? +
Pas toujours. Le cercle de famille (parents et amis proches, événement gratuit, sans prestataire musical rémunéré) est exempt. Mais dès qu'il y a un DJ professionnel, une salle louée à un traiteur ou toute billetterie, les droits sont dus. Les DJs professionnels doivent d'ailleurs déclarer leur setlist à la SACEM.
Quelles sont les exceptions reconnues ? +
Les exceptions sont rares et strictement encadrées : le cercle de famille (art. L122-5 CPI), les cérémonies religieuses avec musique liturgique, les événements caritatifs de bénévoles (tarif réduit de 50 % sur le minimum SPRE), et les salles d'attente de professionnels de santé (arrêt CJUE Del Corso, 2012). Pour les exploitants commerciaux, il n'existe pratiquement aucune exemption.
Comment Meridian Chapters simplifie-t-il la conformité ? +
Meridian Chapters fournit une musique d'ambiance professionnelle avec licence commerciale intégrée pour la reproduction. Votre établissement reste tenu de la licence SACEM/SPRE pour la communication au public, mais avec Meridian Chapters, vous avez l'assurance que le contenu est professionnellement licencié, que les playlists sont adaptées à votre activité, et que l'infrastructure sonore est gérée 24h/24 sans que votre personnel ne touche à quoi que ce soit.

La conformité musicale n'est pas un obstacle. C'est une infrastructure — comme l'électricité ou la climatisation. Une fois correctement installée, elle disparaît de votre liste de préoccupations.

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